Oliviero Toscani :
L’éclat du choc,
L’ECHO de l’éternel.
Il n’était pas simplement photographe, c’était une onde de choc. Toscani nous a appris qu’il fallait oser. Oser révéler les vérités inconfortables, oser mettre en lumière ceux que la société invisibilise, oser défendre des valeurs qui transcendent les tendances. Oliviero Toscani, disparu aujourd’hui à 82 ans, n’a cessé de défier les conventions et les silences confortables. Lui, il répondait avec une image. Une image qui transperce, qui interroge, qui dérange. Parce qu’à ses yeux, le vrai scandale n’était pas dans ses photographies, mais dans notre incapacité à les regarder en face.
Le nom Toscani résonne comme un nom criant, et sa collaboration avec Benetton, dès les années 1980, n’était pas qu’une simple stratégie publicitaire, mais un acte politique. Il a pris le monde de la mode à rebrousse-poil, imposant des visages : des malades du sida, des prêtres et des religieuses s’embrassant, des condamnés à mort. Toscani n’embellissait pas le monde. Il le projetait tel qu’il était : brut, imparfait, mais incroyablement humain.
Pour beaucoup d’entre nous, Toscani fut une révélation. Nous étions enfants ou adolescents lorsque ses images ont commencé à envahir les pages des magazines et les panneaux d’affichage. Nous n’avions peut-être pas les mots pour exprimer ce que nous ressentions, mais ses photos nous parlaient d’un monde qui échappait aux demarcations, un monde où la couleur de peau, la maladie, la foi ou l’identité sexuelle ne définissaient pas la valeur d’un individu.

“ Si une image n’offense personne, alors elle ne sert à rien.”
Oliviero Toscani.
Nous sommes cette génération qui a grandi avec l’idée que la mode pouvait être politique. Que le beau ne devait pas se contenter de plaire, mais aussi de réveiller, de déranger et de bousculer. À présent, nous sommes devenus ceux qui font cette mode. Styliste, photographe, directeur artistique ou éditeur… Nous avons tous un peu de Toscani en nous.
L’héritage d’Oliviero Toscani n’est pas un souvenir, mais une flamme à raviver. Le combat ne se termine jamais, il se transforme, se réinvente..
La disparition de M. Toscani ne marque pas la fin de son influence. Au contraire, elle devrait nous pousser à nous interroger sur notre propre place dans cette industrie. À quoi servent nos images ? Quelle histoire racontons-nous ?
Alors, pour la mode parisienne, pour les créateurs d’images, pour cette nouvelle génération qui découvre Toscani aujourd’hui: Il y a une leçon essentielle : nous avons le devoir de perpétuer l’audace, l’égalité et la vérité dans chaque cliché, chaque campagne, chaque défilé. À nous, la génération des enfants du choc !
OLIVIERO TOSCANI
13.01.2025